5 jours à Naples


On entend souvent parler de Naples comme d'une ville à craindre, sale et malfamée. Sa notoriété sulfureuse attire autant qu'elle repousse. Et pourtant, Naples cache de petites pépites. 
Je ne vous dirais pas que Naples est la plus belle ville d'Italie, c'est faux, et c'est bien dommage qu'elle ne soit pas mieux entretenue ; je ne vous dirais pas non plus que Naples est propre car là encore ce serait mentir ; je ne vous dirais pas non plus que Naples est une ville 100% sûre car marcher en ses murs est une épreuve de tout instant. 
Mais Naples me marquera justement pour ça : elle est unique. C'est une véritable expérience à vivre qui nous attend.
J'ai aimé l'exubérance des Napolitains, leur impolitesse parfois. J'ai aimé son cœur historique si vivant. J'ai aimé ses vues époustouflantes depuis les hauteurs. J'ai aimé sa gastronomie authentique. J'ai aimé ses îles. J'ai aimé la chaleur de ce mois d'avril. 
Vous m'aurez compris, Naples est une ville à vivre, à ressentir, et à apprécier au-delà de ses lacunes. 

Venez donc avec moi découvrir ce qu'elle nous cache :

Jour 1 : Le cœur historique, le quartier espagnol, Vomero
Jour 2 : Lungomare, Chiaia, Gallerie Umberto I 
Jour 3 : Madre, Procida 
Jour 4 : Pompéi
Jour 5 : Lungomare, cœur historique 

En 5 jours, on a le temps de visiter Naples mais aussi ses environs. Nous avons pris le parti de visiter Pompéi et une île, pas la plus touristique, et je pense même, la plus belle : Procida. 
En deux jours, nous avions en marchant beaucoup (environ 30 km/jour) arpenter toute la ville de Naples au point de pouvoir nous repérer sans carte. 

Ayant loué un AirB&B à quelques pas de la via dei Tribunali, nous étions situés plein centre. Pratique pour tout faire à pied même s'il existe un réseau de tramway et métro assez bien desservi. 
Nous avons déambuler dans les rues aux pavés parfois traîtres, en regardant avec curiosité les linges pendus sur les câbles, en se retournant sans cesse pour éviter les scooters.


DAY 1:


Notre voyage commence à Scaturchio sur la Piazza San Domenico Maggiore où l'on déguste parmi les meilleurs sfigliatelle soit la spécialité locale : des petits croissants à base de pâte feuilletée ou sucrée fourrées à la crème de ricotta parfumée à la fleur d'oranger. Chaud comme froid c'est un régal que je vous conseille vivement de tester !




Le ventre plein, nous nous dirigeons vers la Cathédrale Chiara (basilique gothique). Les fresques du jardin sont magnifiques et se promener dans les cloitres aux bancs peints vaut le détour. Ensuite nous sommes allés à l'église du Gesu Nuovo (art rococo). Nous avons poursuivis jusqu'au fameux quartier espagnol qui n'est finalement pas très étendu. On a longé la via Toledo où sont regroupés les boutiques de mode et autres. L'avenue est toujours bondée, et très animée. C'est là que se trouve la station de métro Toledo, réputée pour être la plus belle du monde (mais que nous n'avons pas vu étant donné que nous n'avons pas pris une fois le métro).




Au bout de la via Toledo se trouve l'un des points du Funiculaire que nous avons pris dans l'après-midi, après un repas dans notre quartier à Carmine.
Nous sommes montés dans le quartier du Vomero où se trouve une vue magnifique sur tout Naples.  On peut également y accéder sans prendre le funiculaire, mais à la force des jambes puisque pas moins de 400 marches y mènent. On peut également visiter le musée maritime et ses jardins ainsi que le Castel San'Elmo (que nous n'avons pas pu faire étant arrivés trop tard).





Après cette longue journée, nous avions bien mérité de manger une bonne pizza. Nous avons été attiré par Attanasio où nous sommes allés deux fois tant les pizzas étaient bonnes (même si les prix sont très abordables, il y a des adresses moins onéreuses).



DAY 2: 

Le soleil est toujours au rendez-vous et nous décidons de sortir du centre historique pour longer le front de mer. Direction le Lungomare, longue esplanade où l'on peut se promener depuis le port. Nous faisons un arrêt au Castel dell'Ovo (le Château de l'Oeuf - référence à un œuf en or caché dans le château) dont la visite est gratuite le dimanche matin. 
La visite est très agréable et l'on y trouve une des plus belles vues de Naples !





On poursuit notre ballade jusqu'au jardin Parc Citadin, près de la Piazza Vittoria. Le parc très agréable est également le lieu d'un marché de produits locaux. De quoi prendre quelques bons produits pour manger à l'ombre d'un arbre !





Ensuite, direction le quartier chic de Naples : Chiaia, où il fait bon flâner, jeter un oeil aux vitrines, apprécier l'ombre des arbres. 




On débarque ensuite sur la Piazza del Plebiscito où l'on peut visiter la Basilique San Francesco qui m'a fait penser immédiatement au Panthéon de Paris avec son dôme ouvert et serti de moulures en fleurs. 


Tout près se trouve la fameuse Galerie Umberto 1, similaire à celle de Milan, et actuellement en rénovation.



DAY 3 : 

Nous avons profité que le Museo Madre soit gratuit le lundi matin pour faire au moins un musée à Naples.
Le musée Madre est un musée d'art contemporain axé sur Pompéi entre autres. Divers courants sont présents : le pop art, le minimalisme, le conceptualisme ... En un mot, je le définirais par "perturbant".

Un peu retournés par certaines œuvres, je vous le conseille si vous souhaitez visiter un musée à part, voir des œuvres uniques et très conceptuelles.




Il est grand temps de manger et nos pas nous mènent, sous les recommandations de notre cher Alessandro (hôte airbnb), à la Campagnola, restaurant où l'on mange de bons plats comme ces pâtes au fromage qui tiennent au corps :


C'est le ventre plein que nous retournons au Port pour prendre le ferry direction Procida. Attention, il y a deux accès différents pour les ferry : les plus chers et les plus rapides se trouvent Parcheggio Buono, tandis que les ferrys les moins chers (celui que nous avons pris) se trouvent Porto di Calata, Porta di Massa




Comptez 1h pour atteindre Procida. A trois, nous avons payé près de 70euros  (il me semble). Mais cela vaut amplement le détour. Procida est mon coup de cœur de ce voyage. 
Cette petite ville de pêcheurs, authentique, paisible, si belle, vous charme au premier regard. 

Plus petite et plus éloignée, Procida offre un panorama idyllique. Exit les surtaxes et la foule de Capri. L'île, encore peut fréquentée au printemps, permet de visiter le centre médiéval, d'avoir le souffle coupé par cette vue imprenable. 
Aucune envie de quitter l'endroit. L'envie saisissante d'y retourner pour en profiter un peu plus qu'un après midi. 








DAY 4:

Avant dernier jour, c'est le moment de visiter Pompéi, cette ville mythique dont on a tous entendu l'histoire tragique. 
Nous prenons tôt le matin le train en direction de Pompéi. Les directions sur le quai de la gare sont inexistantes : attention à ne pas aller dans le sens inverse. Le trajet est long et nous sommes secoués.

Le site des ruines de Pompéi est gigantesque ! On nous arrête dans les rues pour nous vendre des guides, cartes etc. Etant donné le prix exorbitant d'un guide, nous décidons de prendre un livre résumant l'histoire des ruines que nous allons voir. Sans cela, la visite perd un peu de son intérêt car sur place, les indications sont infimes voire inexistantes.

La queue est aussi longue pour prendre les tickets mais nous prenons notre mal en patience. Heureusement que nous ne sommes pas venus en week-end. Certaines caisses ne prennent d'ailleurs que de l'espèce donc pensez à en prendre sur vous. En tant qu'étudiante j'ai eu droit au demi tarif ce qui est bien avantageux.

Nous partons donc à la découverte de cet immense site archéologique équipés de nos cartes et du livre d'explications.
Se trouver là est assez impressionnant. On s'imagine la ville, les vestiges, ce que cela avait été, ce que cela aurait pu être.
Mais je n'ai pas été non plus renversée par le lieu. Au final, tout se ressemble. Et cela a un air des vestiges d'Ostia Antica, près de Rome, que nous avions visité quelques années auparavant. Pierres, herbes, coquelicots offrent un beau panorama. Certaines statues ont été bien conservées, de même pour certaines fresques ou mosaïques. 

L'air était étouffant, lourd et bas. Il est donc agréable de monter en hauteur pour apprécier l'air frais et la vue dégagée sur le site.

Le retour dans le train nous achève ! Pompei est si vaste que nous ne nous rendons pas compte des heures de marche parcourues.






Après ces efforts, nous décidons de nous octroyer un petit plaisir : manger chez l'institution de la pizza à San Michele.
Nous arrivons tôt mais la queue est déjà rassemblée autour de l'entrée du mythique restaurant.
Comme à la pharmacie, on nous délivre un numéro. L'attente est d'environs 30 min. Les gens défilent. Mais cela vaut amplement le coup.
Les pizzas XL (pour deux) sont à seulement 5 euros. Et cette pâte ! Juste délicieuse qu'on la mangerait nature.
Le restaurant ne propose que deux versions : la margharita et la capriciosa. Mais ces pizzas sont littéralement des chefs d'oeuvre culinaires ! Nous avons engloutis la nôtre en 10min top chrono, et nous nous sommes véritablement régalés. 

DAY 5: 

Dernier jour avant le départ l'après midi même. 
Avec nos coups de soleil et nos jambes en plomb, nous sommes presque soulagés d'arriver au bout du séjour. Pas que nous ne l'avons pas apprécier au contraire, mais parce qu'il fut intense et fatiguant. Nous avons vu, harpenté, découvert toute la ville de Naples en ces quelques jours, et nous en garderons un souvenir impérissable. 

Nous décidons de repartir le long du Lungomare pour profiter de la vue de la mer, de l'air marin, et du soleil encore pas trop tapant de la matinée. Nous prenons notre temps cette fois-ci avant de retourner dans le cœur historique manger une dernière pizza et une énième glace à Mennella. 
Mennella est une chaine de glaces italiennes et artisanales qui possède trois adresses à Naples. Et ce sont sans doute les meilleures glaces que je n'ai jamais goûté : coup de cœur intersidérale pour "Mandorla" (amande) et leurs délicieux cornets faits maisons. Nous avons mangé une glace tous les jours tant nous sommes gourmands !!!


Ce fut donc un beau voyage. Nous avons découvert une autre Italie, celle du Sud, de la générosité et de l'exubérance. 
Naples est vivant, touchant, parlant. 

Et j'espère avoir pu vous faire partager cela à travers cet article !

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