Le syndrome BAC.

BAC : trois lettres. Un mot. Un abrégé : le baccalauréat. 
C'est une étape, c'est un cap que l'on aspire à franchir. C'est du stress, c'est de l'angoisse, de l'excitation, de la fatigue. C'est des fiches, des révisions, des feuilles qui s'amassent et s'entassent. 
Le Bac fait peur autant qu'il fait rêver. 
Le Bac c'est dans un peu moins de deux semaines maintenant ... et je me revois en seconde franchir les portes du lycée pour la première fois. Bientôt, je franchirai à nouveau ces portes mais pour la dernière fois ... 3 ans de ma vie. 3 ans partis, évaporés en un claquement de doigt. Je n'ai rien vu changer, je n'ai rien vu bouger, je n'ai rien vu passer. Et pourtant, plus rien n'est pareil. J'ai mûri, j'ai appris, j'ai vécu ... 
Le jour décisif approche, la tension commence à monter.
J'ai eu beau réviser toute l'année, je ne me sens pas prête. Le mois de mai s'est terminé le temps de cligner de l’œil. Ponts, sorties, on en a profité ... et j'ai pris du retard sans m'en rendre compte ! Un chapitre que je n'ai pas fiché. Un autre traité si rapidement afin de finir à temps de programme, si lourd. Un autre, si ancien, qu'il semble s'être effacé de ma mémoire. 
Tout revoir. Tout reprendre. 
Les heures passent et défilent ... le temps devient mon obsession. Aurais-je le temps de ? Combien de temps mettrais-je à ? N'est-ce pas une perte de temps de ? 
J'essaye de planifier, d'aller à l'essentiel mais tout me parait important. J'aimerais que tout rentre dans ma tête. Et y reste. 
L'échéance approche et la liste des choses à faire s'allonge, s'allonge alors que le temps, lui, reste immuable. 
C'est étrange ... je sais que le 17 juin approche et pourtant, j'ai, paradoxalement, l'impression d'avoir encore du temps. Que juin n'est pas commencé. Que le bac n'est qu'un mirage, au loin. Et pourtant ! Et pourtant, j'angoisse. Un peu, beaucoup parfois. 
On nous répète que la majorité d'entre nous aura le bac. Que c'est une mention que l'on vise. Mais et si ? Ce sont ces "et si" qui envahissent mes nuits. Et si j'étais trop confiante ? Et si je n'avais pas assez fait ? Et si je m'y étais prise trop tard ? On n'avance pas avec des "et si" bien sûr mais ils ne veulent pas me quitter. 
Et le pire, c'est que le bac n'est que l'aspect émerger de l'iceberg. ce n'est qu'un laisser passer, un sésame tant attendu. Mais ce n'est que l'aboutissement d'un chapitre. Le bac clos une page de notre vie. Et sous l'eau gelée se cache un mot encore plus angoissant : l'université
L'Université ouvre un nouveau chapitre. Le début d'une nouvelle vie. Un chapitre qui s'annonce mouvementé, ardu, et semé de hauts et de bas pour le protagoniste, effrayé mais vaillant. L'université c'est le grand saut, l'inconnu, l'énigme. Veut-on vraiment quitter son petit confort sûr pour se confronter à cette vie indépendante certes mais laborieuse et intense ? 
C'est là qu' APB fait son entrée ... ce traître, ce Satan ... Aurons-nous nos premiers vœux ? A quelle point serais-je déçue ? Euphorique ? 
J'ai peur, j'angoisse, j'appréhende ... et en même temps j'ai hâte. Hâte d'y être, de me retrouver devant ma feuille, de lire ce sujet, et de me perdre pendant ces heures parmi mes connaissances. Me tester. Marquer un terme à ces 3 années heureuses. 
De rencontres. 
D'amitiés. 
De découvertes. 
D'épanouissement. 
Tout cela sera fini. 
Pourtant ce n'est que le commencement ...

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